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ETFexplication (ou trackers)

Apparus aux États-Unis il y a une quinzaine d’années, les ETF (Exchange Traded Funds), aussi appelés trackers ou fonds indiciels, sont de plus en plus populaires auprès des épargnantsEt pour cause, ces fonds, permettent de répliquer des indices boursiers comme le CAC40, Nasdaq, ou autres de façon automatique avec donc des frais de gestion minimums (~0,3 %). En effet, contrairement aux fonds classiques qui ont des frais de gestion de 1,6 % environ, vous n’avez pas à payer chaque année les gérants de portefeuilles qui statistiquement ont du mal à justifier leurs salaires importants. Comme nous allons le voir les ETF les plus appréciés sont ceux répliquant l’indice “MSCI World”, permettant ainsi avec un seul produit et en un seul ordre, une excellente diversification géographique et sectorielle du risque.

L’ETF constitue donc le produit idéal pour investir (et non pas jouer) au long-terme en bourse, afin de tirer avantage des bons rendements actions au long-terme (~8 % en moyenne sur + de 8 ans). Les ETF s’adressent à la fois aux épargnants débutants qui ne souhaitent pas passer plus de 30 minutes par an sur leur épargne, comme aux boursicoteurs avertis qui cherchent à diversifier leurs investissements.

Table des matières

1. Qu'est-ce qu'un ETF ?

L’ETF à plusieurs dénominations, en France il est aussi appelé tracker, fonds indiciel ou même Fonds Négocié en Bourse (FNB). C’est un type de titre (instrument financier) qui suit un indice, un secteur ou un autre actif, qui peut être acheté ou vendu en bourse de la même façon qu’une action ordinaire. Ce titre est lui même un fonds, c’est à dire un panier constitué de plusieurs autres titres. Dans notre cadre, nous nous intéresserons principalement aux ETF actions et ETF obligataires. Un ETF est appelé Exchange Traded Fund car il est négocié sur une bourse tout comme les actions.

On peut prendre comme exemple l’ETF Lyxor CAC40, qui réplique donc l’indice “CAC 40”, représentant les 40 plus grandes entreprises françaises. Cet ETF est donc constitué des 40 actions du CAC40 en proportion ou poids correspondant à celui de l’indice. Les ETF peuvent contenir de nombreux types d’investissements, y compris des actions, des matières premières, des obligations, ou un mélange de types d’investissements.

 

Quelles sont les différences avec un fonds classique ?

CaractéristiquesETFFonds classique
Noms
Tracker, Fonds indiciel, Fonds Négocié en Bourse (FNB)Fonds communs de placement, OPCVM, SICAV
Type de gestion
Passive, réplique automatique un indice Active, des gérants essayent de surperformer un indice en suivant différentes stratégies (stock picking, quantitatif, etc.)
Frais de gestion
moyen annuel constaté
0,25 %
[0,1 % à 0,6 %]
1,6 %
[0,9 % à 2,5 %]
Cotation
Continue sur la journéeUne fois par jour en fin de journée ("fixing")
Supports
PEA, Assurance-Vie, Compte Titre-Ordinaire (CTO), PER, PEE

Comme nous y avons fait mention en introduction, la gestion passive par les ETF est de plus en plus populaire :

Source : Bloomberg 2008 à 2018 + Statistica 2019 et 2020 pour la gestion passive

Cela s’explique par les parts de marchés gagnées :

  • Sur la gestion active, les ETF ayant nettement moins de frais de gestion
  • Sur l’achat direct d’action, les ETF ayant moins de frais de commissions car un seul ordre est nécessaire. Par ailleurs, en tant que fonds, les trackers ne sont pas soumis à la taxe sur les transactions financières (TTF). Donc vous évitez les 0,30 % de taxes à chaque achat sur les grandes entreprises françaises (environ 140 entreprises concernées).

Selon plusieurs études, dans plus de 91 % des cas la gestion active sous-performe une gestion passive simplement indicielle, pour plusieurs raisons, en particulier à cause des frais élevés de la gestion active. En moyenne, la gestion passive est meilleure que la gestion active, comme le montre le résultat sur 5 ans des fonds classés “Actions France” vs un ETF CAC40 sur Quantalys. Sachant qu’il est difficile de sélectionner lequel des fonds actifs va surperformer (le fameux 9 %) nous vous conseillons d’investir directement en ETFs.

Ce sont les grandes entreprises de gestion d’actifs qui proposent ces produits. Au niveau mondial, nous retrouvons principalement BlackRock (avec iShares) et Vanguard, et en France Amundi, Lyxor AM et BNP AM. En France, vous aurez souvent affaire à l’un de ces cinq acteurs dans votre choix d’ETF.

2. Comment acheter et vendre des ETF en France ?

En tant que citoyen français, vous avez le choix entre 3 supports pour investir dans des ETF. Nous avons classé ces supports selon notre préférence pour une épargne la plus optimisée possible :

1. PEA : c’est le support que nous recommandons car il est le plus optimal en terme de frais globaux. En effet, vous pourrez sortir au bout de 5 ans seulement avec 17,2 % d’impôts sur les bénéfices et vous payerez seulement des commissions de transactions lors de l’achat et de la vente des ETF et ceux-ci sont attractifs chez certains courtiers (0,99 € chez Bourse Direct pour une transaction inférieure 500 €). Nous vous invitons à consulter notre allocation d’ETF au sein d’un PEA pour avoir des exemples de portefeuilles diversifiés que vous pouvez répliquer. Certains ETF ne vous seront cependant pas accessibles car le PEA est théoriquement limité aux actions européennes.

2. Assurance-Vie : vous pourrez également réduire vos impôts sur les bénéfices mais au bout de 8 ans seulement. Ici il n’y a pas de frais de transaction mais des frais de gestion sur les UCs (Unités de Comptes) prélevés par l’assureur de façon annuelle (0,6 % pour les meilleurs contrats d’assurance-vie). C’est donc notre deuxième choix.

3. Compte-Titre Ordinaire : malgré que ce soit type de compte sur lequel vous aurez le moins de frais (exemple avec Degiro ou eToro), vous ne pourrez pas cependant bénéficiez de réduction d’impôts comme sur les deux supports précédent. Vous payerez donc la flat-tax à 30 % d’impôts sur les bénéfices réalisés chaque année (dividendes + ventes avec plus-values). Au très long-terme cependant (+20 ans), mathématiquement les frais de gestion annuelle de l’assurance vis deviennent supérieurs à son avantage fiscal par rapport à un simple Compte-Titre.

3. Catégories et exemples d'ETF

Nous avons essayé ci-dessous de catégoriser l’offre en ETF en donnant à chaque fois quelques exemples. Cette catégorisation en est une parmi d’autres, et nous aurions également pu la mettre sous forme de tableau avec la classe d’actifs, la géographie, l’aspect ESG oui/non, et la thématique si existante.

  • ETF Actions
    • Géographie
    • Géographie + ESG (Environnement Social Gouvernance)
      • Europe – Amundi Euro ISTOXX Climate Paris Aligned PAB : LU2182388582
      • Europe – BNP Paribas Easy Low Carbon 100 Europe : LU1377382368
      • Monde – Lyxor Global Gender Equality (DR) : LU1691909508
      • Pays émergents – BNPP MSCI Emerging Market SRI : LU1659681313
    • Secteur industriel
    • Thématique
      • Religion musulmane – iShares MSCI World islamic UCITS ETF : IE00B27YCN58 
      • Robotique et IA (Intelligence Artificielle) – Lyxor Robotics & AI UCITS ETF : LU1838002480
      • Europe + forts dividendes en croissances – Lyxor STOXX Europe Select Dividend 30 : LU1812092168
  • ETFs Obligataires
    • Géographie
    • Géographie + ESG (Environnement Social Gouvernance)
  • ETFs Immobilier
    • Géographie

4. Avantages et Inconvénients des ETF

5. Diversifiez avec le MSCI AWCI ou le MSCI World

Chez Graine d’investisseur, nous aimons vous parlez de diversification, en particulier de diversification géographique et de diversification sectorielle. Alors pourquoi ne pas essayer de reproduire l’ensemble des bourses mondiales et le poids des différentes industries ?

C’est exactement ce que propose de faire l’indice MSCI AWCI (All Country World Index). Cet indice boursier est conçu pour suivre la performance des marchés boursiers mondiaux des entreprises de grandes et moyennes capitalisations. Maintenu par Morgan Stanley Capital International (MSCI), l’indice est composé des actions d’environ 3 000 sociétés de 23 pays développés et de 26 marchés émergents. 

Le MSCI AWCI est lui même composé deux indices très utilisés :

  1. MSCI World à ~88 % : indice de 23 pays des marchés développés, composé d’environ 1 500 sociétés
  2. MSCI Emerging Market (EM) à ~12 % : indice de 26 pays des marchés émergents, composé d’environ 1 500 sociétés

En juillet 2020, les pays représentant la capitalisation boursière totale la plus élevée étaient les États-Unis (58 %), le Japon (7 %) et la Chine (5 %). Les 44 pays ayant la plus faible capitalisation représentaient 24 % de l’indice total.

Il faut bien comprendre que les entreprises du MSCI World comme Apple ou Microsoft, sont elles mêmes déjà exposées au pays émergents comme la Chine, car elles vendent leurs produits ou services dans ces pays. De plus, comme présenté plus haut, l’indice AWCI est composé à 88 % de l’indice MSCI World. En France, il est assez difficile de trouver des ETFs sur le MSCI AWCI mais il existe énormément d’ETF MSCI World, c’est pourquoi parfois nous nous contenterons du MSCI World pour diversifier notre portefeuille. 

L’indice est initialement coté en dollars mais il existe un équivalent Euro prenant en compte l’évolution du taux de change dollars / euros. Vous trouverez ci-dessous la performance net des 3 indices MSCI AWCI, World et Emerging Market de Mars 2006 à Mars 2021 :

6. Pour allez plus loin

1. Les indices que vous rencontrerez le plus

  • Global
    • MSCI AWCI, MSCI World, MSCI Emerging Market (voir plus haut)
    • FTSE All-World – couvre environ 3 900 actions provenant de 50 pays
  • États-Unis
    • S&P 500 – suit la valeur de 500 sociétés à grande capitalisation aux États-Unis.
    • NASDAQ 100 – rend compte de la valeur marchande des 100 plus grandes sociétés non financières aux États-Unis.
    • Russell 2000 – indice qui représente la partie des actions de petite capitalisation de l’univers des investissements en actions.
    • DJIA – mesure la valeur des 30 plus grandes valeurs de premier ordre aux États-Unis
  • Europe
    • Euro STOXX 50 – porte sur les 50 premières sociétés de premier ordre de la zone euro.
    • CAC 40 (France) – 40 sociétés, dont des entreprises mondiales telles que LVMH et AXA, le CAC 40 est populaire auprès des traders car il dépend fortement des revenus étrangers.
    • FTSE 100 (Angleterre) – mesure la performance de 100 sociétés de premier ordre cotées à la Bourse de Londres.
    • DAX (Allemagne) – suit les performances des 30 plus grandes entreprises cotées à la Bourse de Francfort.
    • FTSE MIB (Italie) – performance de 40 des principales sociétés cotées sur la Milano Italia Borsa (MIB), la bourse nationale italienne.
  • Asie
    • Nikkei 225 (Japon) – marchés boursiers les plus actifs d’Asie, comprend 225 actions cotées à la Bourse de Tokyo.
    • SSE Composit (Chine) – composé d’actions A et d’actions B cotées à la bourse de Shanghai.
    • BSE SENSEX (Inde) – anciennement connu sous le nom de Bourse de Bombay (BSE), l’indice S&P BSE SENSEX suit les performances de 30 sociétés réparties dans divers secteurs.
  • Autres
    • S&P Latin America 40 – 40 sociétés latino-américaines de premier ordre, l’indice S&P Latin America 40 couvre environ 70 % de la région.

2. ETF ou fonds distribuant vs capitalisant

La différence se fait sur le traitement des dividendes reçus par l’ETF ou par le fonds.

ETF distribuant ou non-capitalisant : paye en cash au détenteur, de façon trimestrielle ou annuelle, les dividendes reçus des différentes actions composants l’ETF.

ETF capitalisant : réinvestit automatiquement les dividendes reçus en achetant des nouvelles actions ou actifs, en faisant donc “gonfler” le prix de la part de l’ETF.

Si le rendement brut avant impôt est identique, l’ETF capitalisant aura dans certains cas un avantage sur celui distribuant. En effet les dividendes reçus seront entièrement réinvestis et les impots prélevés à la fin, alors que dans le cas distribuant, une partie sera prélevés “au début” pour les impôts avant d’être éventuellement réinvestis. Cela n’est pas le cas pour le PEA ou les impôts s’appliquent sur les sommes en cash sorties du support.

Pour simplifier, nous vous conseillons davantage les ETFs capitalisant, qui sont d’ailleurs les plus courants. 

3. Les types d'ETF

Si pour le moment nous avons principalement fait allusion aux ETF actions, il existe des ETF sur presque toutes les classes d’actifs. Ceux-ci peuvent être utilisés pour générer des revenus, spéculer, augmenter les prix et couvrir ou compenser partiellement le risque dans le portefeuille d’un investisseur. Vous trouverez ci-dessous plusieurs exemples de types d’ETF.

  • Les ETF d’obligations peuvent comprendre des obligations d’État, des obligations de sociétés et des obligations d’État et locales, appelées obligations municipales. Ce type d’ETF est en pleine essors.
  • Les ETF sectoriels suivent un secteur particulier, comme la technologie, la banque ou le secteur pétrolier et gazier.
  • Les ETF “commodity” investissent dans les matières premières comme le pétrole brut ou l’or.
  • Les ETF de devises investissent dans des monnaies étrangères, comme l’euro ou le dollar canadien.
  • Les ETF inversés tentent de tirer profit de la baisse des actions en les vendant à découvert. La vente à découvert consiste à vendre une action, à s’attendre à une baisse de sa valeur et à la racheter à un prix inférieur.

En France, la plupart des ETF sont constitués comme des fonds ouverts OPCVM ou SICAV et sont soumis à la loi sur les sociétés d’investissement de 1940.

7. Questions fréquentes

3 raisons principales :

  1. Les frais de transactions : vous achetez en général seulement 2 ou 3 ETFs, versus plus de 30 actions, les frais de transaction d’achat / vente sont donc considérablement réduits
  2. La performance : plusieurs études dont celles de S&P SPIVA montrent que la gestion passive surperforme la gestion active (98 % des fonds sous-performent leur indice sur 10 ans pour les actions mondes par exemple)
  3. Le temps passer à gérer son épargne : pour moi c’est presque le plus gros avantage, vous n’avez pas à vous soucier de choisir et de suivre régulièrement les entreprises

Deux stratégies s’affrontent :

1. Soit vous essayer de répliquer une exposition au MSCI World ou MSCI AWCI, avec ou pas une éxigence éco-responsable. Voir notre recommandation pour une allocations PEA et allocations Assurance-Vie 

2. Soit vous essayer de surpondérer certains pays ou secteurs que vous pensez performerons davantage dans le futur. Ce choix est cependant assez présomptueux.

Le rendement est bien entendu lié à la performance de l’indice qu’essaye de répliquer l’ETF. Attention ici car “les performances passées ne préjugent pas des performances futures”. Cependant, sur un indice reconnu, au long-terme (+ 10 ans) les analystes s’accordent sur un rendement action estimé autour de 8 % / an environ.

Il existe une légère différence appellée tracking error entre un ETF et son indice, du au frais de gestion de l’ETF et aux approximations faites par la gestion automatique pour répliquer l’indice.

Cela dépendra du support sur lequel vous souhaitez placer vos ETFS :

1 réflexion sur “Guide ETF”

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